Zaineb Sefiani : Ai??Il faut Ai??duquer le consommateur sur la finance islamiqueAi??

Experte internationale en finance islamique, Zaineb Sefiani figure dans le classement des 50 meilleures femmes influentes dans le monde dans ce domaine. Professeure Ai?? lai??i??universitAi?? de DubaA? et Ai?? lai??i??universitAi?? Paris-Dauphine, elle est Ai??galement fondatrice des cabinets Islamic Finance Navigator, Carrera Learning et Ken Advisors. Entretien.

Comment vous est venue lai??i??idAi??e de vous spAi??cialiser dans la finance islamique ?

Pendant que je prAi??parais mon master sur les investissements en Angleterre, je cherchais un sujet intAi??ressant pour mon mAi??moire de fin d’Ai??tudes. Je voulais traiter un sujet nouveau, innovant, qui pourrait me conduire vers un mAi??tier dai??i??avenir avec un grand potentiel de dAi??veloppement.

Jai??i??ai fait une session de brainstorming avec des membres de ma famille et c’est Ai?? ce moment-lAi?? que mon pA?re a suggAi??rAi?? lai??i??idAi??e de la finance islamique. Ai?? cette Ai??poque, la finance participative au Maroc n’Ai??tait pas d’actualitAi?? et encore moins citAi??e comme un objectif prioritaire, mais jai??i??ai aimAi?? l’idAi??e. J’en ai parlAi?? Ai?? mon encadrant de thA?se qui a soutenu mon projet.

Quelle dynamique envisagez-vous pour la finance islamique au Maroc ?

Au Maroc, les lois et les produits financiers conventionnels ainsi que le droit commercial sont inspirAi??s de la loi franAi??aise et du droit musulman. En finance islamique, les pays qui ont rAi??ussi avec succA?s Ai?? offrir des produits islamiques se sont beaucoup inspirAi??s, outre la Chariaai??i??, du droit britannique, qui est essentiellement un droit coutumier, par consAi??quent beaucoup plus flexible et susceptible de fonctionner en symbiose avec les rA?gles prescrites par le Fiqh Al-Mouamalate (code du commerce).

En effet, certains pays europAi??ens de droit latin comme la France et la Belgique proposent des produits islamiques, mais la clientA?le nai??i??est pas aussi importante que le potentiel des clients.

Les pays les plus avancAi??s sur le sujet, notamment au Moyen-Orient et en Malaisie, ont su trouver la bonne formule alliant la Chariaai??i?? et le droit anglais pour Ai??dicter les rA?gles de la finance islamique.

Le dAi??veloppement des produits participatifs au Maroc va prendre du temps, dai??i??autant que certains concepts, comme celui du Ai??beneficial ownershipAi??, nai??i??existent que dans le droit anglais. Il reste aussi Ai?? s’assurer que les produits offerts sont compAi??titifs grA?ce Ai?? la lAi??galisation fiscale entre autres, et enfin que les commerciaux les comprennent bien pour qu’ils puissent expliquer aux clients la diffAi??rence entre l’offre conventionnelle et l’offre participative. Ceci Ai??tant, le Maroc peut et doit rAi??ussir dans ce domaine s’il sait faire preuve du pragmatisme nAi??cessaire.

Quelles sont les pistes envisageables pour que la finance islamique soit profitable Ai?? tous, tant aux acteurs quai??i??aux consommateurs ?

Il faut avoir une offre attractive ou au minimum similaire Ai?? l’offre conventionnelle. La diversitAi?? des produits doit A?tre lAi?? pour que le client puisse trouver toute la gamme de produits dont il a besoin. Encore une fois, le coAi??t dai??i??un financement doit A?tre similaire au conventionnel. Si les produits islamiques sont plus chers, la clientA?le sera plus rAi??duite.

esopran. Sur quels aspects les autoritAi??s marocaines devront mettre lai??i??accent pour que la finance islamique soit un vAi??ritable acteur, Ai?? la fois dans la collecte de l’Ai??pargne et le financement de l’Ai??conomie ?

Les autoritAi??s marocaines doivent avoir une vision Ai?? long terme et cibler tous les acteurs impliquAi??s dans la finance participative au Maroc. Il y a le consommateur et ceux qui offrent des produits comme les banques ou les sociAi??tAi??s de gestion, les Ai??ducateurs ainsi que les investisseurs et enfin les oulAi??mas, qui doivent labelliser les produits.

Les autoritAi??s devraient mettre l’accent sur tous ces aspects. Quant au consommateur, il faut l’Ai??duquer ; lui faire connaAi??tre l’existence et l’avantage de ces produits participatifs. A Oman par exemple, aprA?s le lancement de produits islamiques et suite Ai?? une campagne de sensibilisation bien menAi??e, il y a eu Ai?? la fois des utilisateurs qui sont passAi??s du conventionnel Ai?? l’islamique, mais aussi de nouveaux Ai??pargnants qui faisaient de la thAi??saurisation et qui sont venus parfois avec des billets de banque qui n’Ai??taient plus en circulation.

Les banques, elles, doivent trouver un moyen facile de permettre Ai?? leurs clients de switcher rapidement des comptes courants classiques aux comptes courants participatifs. Comme je lai??i??ai dit, il faut Ai??galement que les commerciaux aient une formation suffisante pour comprendre les produits et savoir les expliquer aux clients.

Des formations adAi??quates doivent A?tre aussi offertes au niveau des universitAi??s. Certes, il y a actuellement plusieurs masters qui sont proposAi??s au Maroc sur cette niche mais la formation doit A?tre beaucoup plus pointue et dispensAi??e pour l’essentiel par des praticiens comme cela se fait dans les places financiA?res comme Londres.

Les autoritAi??s doivent Ai??galement penser aux moyens de favoriser davantage le dAi??veloppement d’un autre produit complAi??mentaire mais indispensableAi??: Ai??l’assurance islamiqueAi??, Ai??galement appelAi??e Takaful.

Enfin, pour Casablanca Finance City (CFC), qui souhaite devenir la porte d’investissement pour le Maroc et l’Afrique, il y a lAi?? aussi un Ai??norme potentiel Ai?? explorer pour que celle-ci devienne le vAi??ritable passage obligAi?? de la finance islamique en direction du continent.

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